a) Intentions majeures
Les contenus sont organisés autour de quatre intentions majeures.
- Organiser les programmes autour de quelques notions essentielles, en
dégageant les idées majeures et leur portée, en fournissant des outils
puissants et efficaces, en évitant toute technicité gratuite, et en
écartant les notions qui ne pourraient être traitées que de façon
superficielle.
- Donner un rôle très important aux travaux pratiques, dont la fonction est
double: indiquer le champ des problèmes et phénomènes mathématiques à
étudier en relation avec les concepts figurant au programme; préciser les
méthodes et les techniques usuelles exigibles des étudiants. En revanche,
les travaux pratiques ne doivent pas conduire à des dépassements de
programme prenant la forme d'une anthologie d'exemples dont la connaissance
serait exigible des étudiants.
- Mettre en valeur le caractère plurivalent des concepts mathématiques.
Cette plurivalence s'inscrit dans un double mouvement: d'une part, l'étude
d'un domaine particulier vient enrichir le concept général, grâce au
langage et aux méthodes propres à ce domaine; d'autre part, le concept
général permet le transfert des connaissances d'un domaine d'application à
un autre. C'est dans cette perspective, et à l'opposé de tout dogmatisme,
que les structures constituent un outil pour une meilleure compréhension et
une meilleure précision de la pensée et fournissent des méthodes pour
l'étude des problèmes mathématiques.
- Réaliser un équilibre global entre l'algèbre, l'analyse et la géométrie.
Il va de soi, d'ailleurs, que cette séparation traditionnelle n'est qu'une
commodité de rédaction et ne doit pas faire oublier les interactions
nombreuses et étroites entre ces trois grands domaines des mathématiques.
Dans cette intention, les programmes sont présentés selon deux grandes
parties: analyse et géométrie différentielle, algèbre et géométrie.
C'est en fonction des objectifs précédents que les programmes sont conçus
et que l'horaire hebdomadaire doit être géré. Dans la classe PCSI, il est
de 10 heures (7 heures de cours et 3 heures de travaux dirigés); dans la
classe PC, il est de 9 heures (6 heures de cours et 3 heures de travaux
dirigés). Pour valoriser les concepts essentiels et les principales
méthodes (comprenant les exemples et contre-exemples qui illustrent leur
portée et leurs conditions de validité), il convient de consacrer à leur
étude environ 6 heures de cours en classe PCSI et 5 heures de cours en
classe PC. Dans les deux classes, les 4 heures restantes (1 heure de cours
et 3 heures de travaux dirigés) sont à consacrer à l'étude de problèmes
mathématiques, notamment ceux qui sont indiqués dans les rubriques de
travaux pratiques; à cet égard, toute technicité gratuite est à éviter.
b) Secteur de l'analyse et de ses interventions
Dans ce secteur, le programme est organisé autour des concepts fondamentaux
de fonction, qui permet de modéliser le comportement des phénomènes
continus, et de suite (ou de série), qui permet de modéliser le
comportement des phénomènes discrets. Les interactions entre le continu et
le discret sont mises en valeur, notamment en seconde année.
Le programme d'analyse combine l'étude des problèmes qualitatifs avec celle des problèmes quantitatifs; il développe conjointement l'étude du comportement global des suites et des fonctions avec celle de leur comportement local ou asymptotique. Pour l'ensemble de l'analyse, il met l'accent sur les techniques de majoration.
En première année, la maîtrise du calcul différentiel et intégral à une variable et de ses interventions en géométrie différentielle plane constitue un objectif essentiel.
En seconde année, le programme introduit le concept d'espace vectoriel normé et d'application linéaire continue, afin de fournir un cadre cohérent pour l'étude des suites, des séries et des fonctions et celle des suites et séries de fonctions. L'intégration, la représentation des fonctions, notamment par des séries (séries entières, séries de Fourier) et par des intégrales dépendant d'un paramètre, l'approximation des fonctions, l'étude des équations différentielles linéaires tiennent une place majeure. Le programme comporte en outre une introduction au calcul différentiel à plusieurs variables, en relation avec la géométrie différentielle et l'enseignement des sciences physiques.
c) Secteur de l'algèbre et de ses interventions
Dans ce secteur, le programme est organisé autour des concepts fondamentaux
de l'algèbre linéaire (points de vue géométrique et matriciel), tandis que
l'étude des anneaux et des corps ainsi que l'étude générale des groupes en
ont été écartées. Il met en oeuvre les méthodes de l'algèbre linéaire
pour la résolution de problèmes issus, non seulement des autres secteurs de
l'algèbre, mais aussi de l'analyse et de la géométrie.
En première année, le programme d'algèbre et géométrie combine l'étude de l'algèbre linéaire (espaces vectoriels, applications linéaires, algèbres, dimension, rang, calcul matriciel, espaces vectoriels euclidiens, automorphismes orthogonaux du plan et de l'espace) et de ses interventions en algèbre, en analyse et en géométrie affine et euclidienne du plan et de l'espace.
En seconde année, le programme développe de nouveaux concepts (déterminants, polynômes d'endomorphismes, valeurs propres et sous-espaces propres, réduction des endomorphismes d'un espace vectoriel et des endomorphismes symétriques d'un espace vectoriel euclidien, réduction des matrices).
d) Secteur de la géométrie et de ses interventions
Une vision géométrique des problèmes imprégne l'ensemble du programme de
mathématiques car les méthodes de la géométrie et les apports de son
langage (figures, représentations graphiques, interprétations
géométriques¼) jouent un rôle capital en algèbre, en analyse et dans
leurs domaines d'intervention.
e) Articulation avec la physique et la chimie
En relation étroite avec les concepts propres à la physique et à la chimie,
le programme valorise les interprétations des concepts de l'analyse, de
l'algèbre linéaire et de la géométrie en termes de paramètres modélisant
l'état et l'évolution de systèmes mécaniques, physiques ou chimiques
(mouvement, vitesse et accélération, trajectoires et lignes de niveau,
signaux continus ou discrets, mesure des grandeurs mécaniques ou
physiques¼). Ces interprétations, conjointement avec les
interprétations graphiques et géométriques, viennent en retour éclairer
les concepts fondamentaux de l'analyse et de l'algèbre linéaire.
f) Rôle de la pensée algorithmique
En relation avec le programme d'informatique, l'ensemble du programme de
mathématiques valorise la démarche algorithmique; il intégre la
construction et la mise en forme d'algorithmes et, sur des exemples, la
comparaison de leurs performances. En mathématiques, aucune connaissance
sur la théorie des algorithmes n'est exigible des étudiants.
Les algorithmes associés aux notions étudiées dans le programme de mathématiques sont mentionnés dans le texte même du programme ou dans les travaux pratiques. En outre, de nombreux travaux pratiques donnent lieu à l'exploitation du logiciel de calcul symbolique et formel étudié dans le programme d'informatique.
g) Emploi des calculatrices
Cet emploi est défini par la réglementation en vigueur. Les étudiants
doivent savoir utiliser une calculatrice programmable dans les situations
liées au programme de la classe et de la discipline considérées. Cet emploi
combine les capacités suivantes, qui constituent un savoir-faire de base
et sont seules exigibles:
- savoir effectuer des opérations arithmétiques sur les nombres réels et savoir comparer deux nombres réels;
- savoir utiliser les touches des fonctions qui figurent au programme de la classe considérée et savoir programmer le calcul des valeurs d'une fonction d'une ou plusieurs variables permis par ces touches;
- savoir programmer une instruction séquentielle, une instruction conditionnelle et une instruction itérative comportant éventuellement un test d'arrêt.